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10. 27 juillet 1984. Sais-tu que je ne pourrais être plus heureuse en ce moment ?

 

Hyères, le 27 juillet 1984

Chère Source,
Que tes deux lettres arrivées en même temps m'ont fait plaisir !

Tu ne m'écris qu'une fois par semaine et en plus des lettres de plus en plus courtes .... Bizarre...

J'ai beaucoup de mal à lire les bouquins d'histoire; je n'arrive pas à synthétiser ce genre de texte. C'est beaucoup trop dense. Pour bien faire, il faudrait que je lise deux fois chaque chapitre du IIIme Reich en apprenant souvent par coeur. Je vais persévérer car ce bouquin me passionne. Vraiment, quel retard j'ai accumulé !

En économie, j'arrive à comprendre tout de suite, en tout cas.
Au fait, Source, beaucoup de personnes me recommandent le yoga. Qu'en penses-tu ?

Sais-tu que je ne pourrais être plus heureuse en ce moment ? Toutes les conditions sont réunies. Non seulement je fais un maximum de sport, mais encore, je dors bien (je ne me suis jamais senti aussi en forme).

J'ai un appétit féroce... et mon travail intellectuel n'a jamais été aussi satisfaisant.
Je travaille beaucoup mieux en autodidacte.

Bon, Madame la Source, je vais vous quitter.

Je vous embrasse très fort.

Ariane

P.S : Dites-moi ce que vous faites à Paris quand même.

 

Il semble intéressant de lire ce qu'Ariane écrivait dans son journal sur sa joie de vivre un an auparavant pendant ses vacances de l'été 1983 et qui contrastait, comme dans cette lettre de juillet 1984, avec la profonde détresse qui imprègne l’ensemble de son journal qu'elle a tenu jusqu'à la rentrée scolaire 1983 (16 ans), et qui sera ensuite relayé par la correspondance avec une amie.)

7 août 1983:

[...] Vous savez, l'amour c'est tellement fabuleux, je suis tellement heureuse... Tout le monde dit que j'ai changé, que je suis devenue beaucoup plus chouette, intelligente, sympa. Il suffit d'être heureux. Je ne me pose plus toutes ces questions, je jouis de tout. J'aime tellement faire l'amour, j'aime tellement parler avec les gens.
Vous voyez, il y a plein d'idées qui me sont venues à l’esprit mais je m’en fiche, je ne les marque plus. Je préfère en parler.

 

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